Projet Africain

 

Background

Nous menons depuis 35 ans des recherches, tant pratiques que théoriques, dans l'optique d'aider les femmes en milieu rural à vivre une vie paysanne efficace et indépendante, plutôt que de les forcer à, ou de leur conseiller de se joindre à une course économique insensée. Ceci est particulièrement important en Afrique, puisque ce sont les femmes qui sont chargées de nourrir leur famille sur leur propre petites exploitations agricoles. Si elles peuvent devenir des agricultrices autonomes en respectant l'écologie locale, elles peuvent nourrir les leurs, garder une indépendance politique, et intégrer la conservation de la faune et de la flore à la production de nourriture sans soutien économique, cela dans de nombreuses régions africaines.L'agriculture écologique est basée sur la compréhension du fonctionnement de l’écosystème naturel, et l'application de ces principes au fonctionnement des exploitations agricoles. Sa définition est la suivante :« Une agriculture autonome, diversifiée, avec un haut rendement à l'hectare n'ayant aucun effet irréversible sur l'environnement, dans laquelle toute l'exploitation est une zone de conservation de la faune et de la flore, et où il n'y a aucune retombée intolérable, qu'elle soit sociale, éthique ou politique. »  Ecological Agriculture - Food First Farming Souvenir Press, London 1993 Kiley-Worthington

Teaching elephants to be ridden

Nous avons mis sur pied et géré avec succès 4 fermes écologiques au Royaume-Uni et en France, et contribué à la mise en place de nombreuses exploitations au Kenya, au Malawi, en Uganda et au Zimbabwe.

Malgré sa taille imposante, l'Afrique est un continent où la terre devient une ressource de plus en plus limitée, entraînant une hausse des conflits d'intérêt. L'un des conflits les plus importants survient entre ceux qui souhaite préserver de grandes zones pour la conservation de la faune et de la flore, et ceux qui désirent avoir accès à plus de terres pour produire de la nourriture et d'autres produits issus de l'agriculture. La majorité des populations rurales et locales votants favorise en général les terres pour la production de nourriture, la faune sauvage étant souvent perçue comme un désagrément dont ils ne reçoivent aucun avantage.

Toutes sortes d'idées visant à résoudre ces conflits ont été essayées. L'accent y est en général mis sur une tentative d'inciter les population rurales locales à se rapprocher de l'économie de consommation en partageant les bénéfices de l'exploitation touristique (ou de la chasse) de la faune avec leurs communautés. Dans toute l'Afrique, il existe un fort intérêt culturel de la part des femmes pour la production de nourriture pour leur famille. En conséquence de la hausse démographique et du manque de terres disponibles, les femmes de nombreuses régions du monde en voie de développement (dans lesquelles les salaires comme la terre sont rares, et où les allocations sont inexistantes) ont un sentiment d'insécurité accru. De plus, les intérêts humains empiétant sur la vie sauvage, et la population africaine devant doubler au cours des 20 prochaines années, les chances de survie de nombreux mammifères, en particulier des plus gros, en dehors d'espaces clos et de plus en plus réduits est mince.

Il est peu probable que nous trouvions une solution miracle à ces conflits, mais il est indispensable de se pencher sur de nouveaux angles d'approche. 

A day out for elephants and humans

Notre centre de Recherche en Écologie et Éducation cherche des solutions pratiques à ces conflits en développant et en gérant de petites exploitations indépendantes, nécessitant peu de capital de départ et viables économiquement, aidant ainsi les femmes en milieu rural à augmenter leur marge de manœuvre. Au cours des 30 dernières années nous avons acquis la maîtrise de techniques adaptées, mêlant connaissances scientifiques modernes et savoirs et compétences des communautés locales (pour plus d'information, consulter Ecological Agriculture, Food First Farming 1993, Souvenir Press, London), et enseigné ces techniques dans divers endroits du globe. Les exploitations basées en Agriculture Écologique (comme définie plus haut) peuvent réellement produire plus en utilisant moins d'énergie, d'équipement ou d'argent, que l'agriculture moderne conventionnelle avec tous ses futurs aboutissants désastreux. Sans parler des effets inconnus de l'utilisation d'OGMs à long terme. Ce type d'agriculture peut également redonner du pouvoir aux femmes en leur permettant de fournir de la nourriture à leur famille à moindre coût. Une formation diplômante est disponible au Centre d'Eco Recherche depuis 25 ans (voir formation) et des bourses ont été attribuées aux personnes venant d'Afrique, y compris au Kenya, en Uganda et au Zimbabwe, ainsi qu'un suivi pour s'assurer du succès de la mise en place de fermes agricoles dans leur pays d'origine.

L'une des priorités y est d'intégrer les animaux au travail de l'exploitation sans leur causer de souffrances. Nous avons mené des expériences avec différents systèmes d'encadrement, et mis au point des systèmes d'élevage à petite échelle. Ces systèmes se font en autonomie, de façon non intensive et tout à fait rentable, tout en garantissant une bonne qualité de vie aux animaux. Voir Publications Kiley-Worthington & Randle 1999.

Handling cooperatively

Les zones aux alentours des parcs et des réserves naturels sont de celles posant le plus de problèmes. Les grands mammifères s'en échappent souvent et causent des dégâts dans les exploitations avoisinantes, renforçant ainsi le désir de la population locale de se débarrasser des animaux pour avoir l'usufruit de la terre. Or ces animaux peuvent être contrôlés, certains d'entre eux pouvant même être manipulés et éduqués à travailler de façon efficace et sûre pour la communauté locale, que ce soit pour le travail de la terre ou pour transporter des matériaux lourds. Ils contribuent ainsi à enrichir l'économie rurale locale par leur apport en énergie (voir Publications , Kiley-Worthington Animal Ambassadors, elephant, zebra, buffalo), et en fournissant des produits qui n'attentent pas à leur vie, comme le lait et les fibres. Quand de tels animaux sont utilisés en tant qu'Animaux Ambassadeurs, cela donne lieu à des expériences plaisantes avec les locaux et leur permet de voir en eux une aide de taille_ un éléphant peut tirer une charrue à deux sillons et labourer pendant une heure par jour, contre 25 min par jour pour un buffle. Les locaux peuvent alors commencer à les estimer pour leur travail, et à terme pour eux (pour leur valeur intrinsèque). Ils commencent ainsi à les voir en tant qu'êtres vivants sensibles et comme faisant partie de leur inestimable héritage culturel. Ces animaux, sauvages par tradition, se retrouvent alors ambassadeur de la vie sauvage ; ils ne sont plus de simples aimants à touristes desquels les petits agriculteurs ne tirent aucun bénéfice.

Buts du Centre de Recherche et d’Éducation en Écologie en Afrique

Rendre à l'état semi-domestique et éduquer des éléphant d'Afrique, des élands et des buffles n'est pas du jamais vu. Mais les engagements du Centre durant ces 10 dernières années ont été d'assurer le développement de ces pratiques en relation avec la science de la psychologie animale éducative, pour que les animaux comme les humains travaillant avec eux le fassent en toute sécurité, et en ayant une bonne qualité de vie (voir Publications). La méthode d'éducation coopérative emploie des moyens non violents. Les grands mammifères africains ont ainsi appris à aider sur les exploitations (labour et récolte), sur la construction de routes et de barrage, en sylviculture, et comme moyen de transport ou de loisir. Ce travail a été fait avec des éléphant d’Afrique, des buffles, des zèbres et des élands ; avec grand succès (vidéo disponible).

Il est nécessaire de mettre sur pied une démonstration intégrant ferme écologique et réserve naturelle pour : 

  1. Aider les populations rurales à atteindre une garantie d'autonomie alimentaire 

  2. Démontrer comment intégrer cela à la préservation de la vie sauvage 

  3. Susciter l'intérêt de la communauté locale pour son héritage naturel consistant à vivre avec de grand animaux sauvages, en apprenant à certains de ces derniers à faire des choses utiles pour les êtres humains.

"Eletation" - Developing the art of riding elephants

Intervenants et expérience

Se reporter aux pages Intervenants et Publications. Les intervenants principaux impliqués dans le projet ont des compétences individuelles qui, mises en commun, assure une expérience pratique et théorique dans les domaines suivants ( tant pour leur mise en route et leur gestion que leur enseignement) :

  1. Autonomiser les fermes écologiques- constructions à partir de matériaux disponibles localement, développement des sources d'énergie renouvelable.
  • Psychologie de l'éducation animale- amélioration de la manipulation et de dressage des animaux domestiques et sauvages.

  • Recherche et préservation de la vie sauvage- dans de nombreux pays en Europe, aux aux Etats-Unis, en Australie, Nouvelle-Zélande et Afrique (Kenya, Malawi, Afrique du sud, Tanzanie, Uganda, Zambie, Zimbabwe). Des étudiants, diplômés ou non, peuvent également faire partie du projet.  

Financements et Budgets

Les financements, l'énergie et les compétences sont disponibles pour mettre le centre sur pied de A à Z aussitôt que des terres seront disponibles; mais avec des financements supplémentaires, le projet se développera plus vite. Ce projet est mené en mémoire de l'un des membres fondateurs de l'UICN et de l’Écologie Humaine le Dr.E.B. Worthington et de Stella Johnson, producteur laitier kenyan. Il doit être soutenu à la fois du gouvernement central et local et se voir attribuer des terres (par don ou par un système de bail) avant de pouvoir être mené à bien. 

D'autres apports financiers seront nécessaires dans le temps, en particulier pour la réintroduction d'animaux sauvages et la mise en place de petits troupeaux d'élevage. Le projet suscite un intérêt considérable de la part d'organisations et de volontés individuelles à l'échelle mondiale, y compris de la part des médias, ce qui devrait nous assurer une bonne couverture médiatique. L'idée est de compléter le budget existant par des collectes de fonds. 

Ce projet se veut , entre autre, un exemple type de la possibilité pour une communauté rurale et désargentée d'allier activité agricole et conservation de la vie sauvage, dans la mesure où on lui alloue des terres. Sa progression dans le temps se fera en fonction de la communauté locale et de ses ressources, bien qu'un investissement de départ soit nécessaire au développement du programme d'éducation et de recherche. Une fois le site déterminé, le projet pourra endosser un statut d’œuvre caritative.